L’envie d’écrire

Il y a autant de manières de commencer un blog sur l’écriture que de blogs sur l’écriture 🙂

Je vous propose une petite réflexion sur l’envie d’écrire : d’où vient cette énergie qui nous pousse à écrire, et pourquoi écrie-t-on ? Cet article qui mêle théorie et expérience personnelle est une invitation à la discussion alors surtout, n’hésitez pas à commenter vos impressions, accord – pas d’accord, et pourquoi 😉

Au cours de mes recherches, j’ai lu un peu partout qu’il ne fallait pas écrire pour plaire aux autres, pour être publié ni même pour être lu, sans quoi on n’écrirait probablement rien de valable et surtout, on s’exposerait à une déception personnelle potentiellement dévastatrice.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas y penser du tout, mais je pense qu’il faut avoir une vraie motivation interne pour trouver la force d’aller au bout du projet. Il faut écrire pour soi. Ecrire le livre qu’on aimerait lire.

Pour comprendre et trouver son envie propre, il faut prendre ses palmes, masque, tuba et plonger en soi pour découvrir « pourquoi moi, j’ai envie d’écrire ».

Une définition en négatif : la petite voix

Ce qui fait perdre l’envie d’écrire c’est la peur d’être jugé par les autres, peur d’écrire quelque chose de mauvais, de ne pas aller jusqu’au bout, de ne pas être lu, de ne pas être édité etc… Ce ne sont que des peurs : elles sont abstraites et elles sont issues de nos propres esprits. Pourtant, elles nous bloquent.

Parfois, lorsqu’on commence enfin a écrire, une petite voix nous freine a mesure que la créativité se développe. Cette petite voix est juste un concentré de système scolaire et parental : de mauvaises notes, d’interdictions, d’attentes parentales ou de jugements qui nous ont inhibés.

Remonter à la source de ces peurs pour les identifier me paraît important, même si c’est parfois désagréable. J’essaye de retrouver les souvenirs de ces moments qui sont devenus à tort des grandes règles de ma vie.

Par exemple :

Ma première prof de français au lycée nous avait donné un exercice d’écriture en classe, où l’on devait noircir une page là comme ça, avec son regard par dessus notre épaule.

N’ayant jamais fait ce genre de chose avant, ayant toujours écrit suivant mes envies, jamais contrainte et forcée, je me suis sentie vide. Impossible d’aligner trois mots.

Face au mécontentement de la prof, qui menaçait de me mettre une mauvaise note à la fin de l’heure si je n’avais pas rempli cette page, mon cerveau était complètement englué.

J’ai tenu tête. Donnant la parole à mon ego offusqué, j’ai répondu que je ne pouvais pas écrire si je n’étais pas inspirée.

Elle m’a répondu : « L’écriture, ça s’apprend, l’inspiration n’a rien à voir la-dedans. »

C’est ce qui arrive quand une gamine de 14 ans est convaincue qu’elle sait écrire, juste parce qu’elle a des facilités, et que son entourage l’a poussée dans ce sens avec gentillesse.

La morale de cette histoire, c’est que la prof avait en grande partie raison (on reparlera de l’inspiration une autre fois), mais qu’il m’a fallu du temps pour l’accepter vraiment. Cela m’a bloqué dans mon envie d’écrire car je croyais que je n’en étais pas capable. Une petite remarque a entraîné une grande insécurité.

Bref. Revenons-en à cette petite voix qui freine la créativité. Elle est fictive, elle n’existe que dans notre tête, et elle est très puissante. A cause d’elle, on s’auto-juge, s’auto-censure. Parfois, c’est carrément le blocage. On efface, on enterre, on oublie et on fait autre chose. On ne parle même pas de ce que l’on a écrit, parce qu’on a honte.

L’envie ou le besoin d’écrire …

Je trouve très pompeux le concept de l’Auteur Inspiré.

Mais si vous savez, c’est quand l’Auteur est mu par une force invisible qui le contrôle, qui le force à écrire. Il devient messager d’une Muse quasi-divine (bien que ce soit une jolie histoire romantique).

Mais il y a sans doute une part de réalité dans ce mythe. L’auteur-e ressent vraiment le besoin d’écrire.

Non parce qu’il est le messager des Muses, mais parce que c’est son moyen d’expression préféré (ou le plus efficace, ou le plus accessible, ou simplement le plus évident).

L’écriture est avant-tout un moyen d’expression

Ceux qui écrivent ressentent une pression au fond d’eux, qui se dissipe grâce à l’écriture. Je ne parle même pas de thérapie ni rien, juste du fait de libérer cette pression. Comme quand on a envie de partir en courant, de crier un bon coup ou de se défouler en chantant à tue-tête.

To let off some steam * disent les Anglish.

J’ai entendu également que « l’écriture est une réponse à une tension intérieure ». Je le ressens comme ça. J’aime beaucoup cette formulation.

Si je n’écris pas pendant longtemps, je sens une boule se creuser au fond de mon estomac et mon esprit est parasité par de plus en plus d’idées et de réflexions. J’ai vite besoin de les poser sur papier, pour qu’elles me laissent tranquille et surtout, pour être satisfaite d’avoir créé quelque chose.

Et ça marche aussi pour un article de blog. Le sujet de l’article m’intéresse, je fais des recherches, je trouve encore plus d’idées intéressantes à partager et j’ai mille choses à dire et … et … ça donne un article un peu comme celui-ci ^^.

Créer est une expérience passionnante

Mes premières créations littéraires remontent à mon enfance. A 10 ans, je tenais un Journal par exemple. Mais pas un simple journal intime (oui j’en avais un aussi, dans lequel je racontais surtout ce qui se passait au centre équestre et à l’école).

Mais mon Journal c’était plutôt une sorte de NationalGeographic-fait-maison vous voyez ?

Comme le livre de Ellie dans Là-Haut (Disney Pixar)

Un grand cahier, à grand carreaux, avec une marge rouge, dans lequel je collais des photos d’animaux trouvées dans des magazines. J’y écrivais des mini articles. Je me rappelle par exemple avoir fait 3 ou 4 pages sur les requins, fascinantes créatures. Ou sur Mars (la planète, pas le dieu de la guerre, ni la marque de glace hein^^).

Je rêvais d’être écrivain depuis l’âge de 6 ans.

Enfant unique, je ne m’ennuyais jamais. Je créais en permanence des histoires avec des poupées, des histoires avec des peluches… Quand j’ai eu mon premier ordinateur j’ai écris une histoire sur Word !

Là par contre, fini les peluches, c’était de la science-fiction sur une île paradisiaque où vivaient des gens dotés de pouvoirs surnaturels qu’ils apprenaient à contrôler dans une école (X-Men et Harry Potter avaient déjà frappé mon imagination visiblement).

Si vous êtes un-e auteur-e en herbe (ou déjà bien enraciné-e), je suis sûre que vous avez des souvenirs similaires. Cette sensation douce et puissante, que l’on ressent quand on crée quelque chose : c’est vraiment ce que j’adore dans l’écriture.

Et vous ? Où puisez-vous votre envie d’écrire ?

Ressentez-vous cette tension ou avez vous une toute autre expérience de l’écriture ?


6 réflexions sur “L’envie d’écrire

  1. Pour moi je ne sais pas si c’est vraiment un besoin qui me pousse, en tout cas ce n’est pas la première raison que je donnerais.
    C’est surtout que j’adore écrire. C’est sans conteste mon activité préférée, même si parfois c’est aussi difficile et fatigant. Une fois que je m’y mets, que je suis sur mon clavier et que je fabrique mes histoires, je suis super heureuse et je ne vois plus le temps passer. Bien sûr j’ai aussi des moments en-dehors où les idées me viennent, mais finalement c’est surtout pendant que je travaille que je suis le plus créative.

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  2. On m’a beaucoup parlé du mythe de l’Inspiration, qui n’existerait pas car seul le travail compte et si je comprends l’idée, pas entièrement fausse, derrière (si on attend que ça vienne tout seul ça risque de prendre du temps et surtout, comment finir quoi que ce soit quand l’inspiration bloque ?) je ne suis pas totalement d’accord.
    Je suis inspirée (parfois). Parfois je marche, je lis, je prends ma douche, je fais caca et VLAN ! l’Idée que je me sens obligée d’écrire. Je comprends que ça fasse péteux de parler d’obligation (personne ne risque de mourir si on se contente juste de laisser passer l’Idée) mais je ressens vraiment ça comme ça, comme quelque chose de plus grand que moi qui DOIT sortir. Et quand c’est fini, quand c’est expulsé de moi, je me sens mieux et apaisée.
    Je comprends totalement ce que tu dis à propos du besoin d’écrire, quand je me bloque moi-même (parfois je n’ose pas écrire, c’est comme si j’avais peur d’aller au bout de mon projet) et que je n’écris pas pendant un temps je me sens mal. Et il suffit que je finisse une nouvelle ou quelques lignes d’un roman pour me sentir mieux, comme purifiée. Il y a cette citation que j’aime bien « J’écris pour ne pas devenir fou » et c’est exactement ça ! J’ai souvent le sentiment d’être « enceinte » de mes projets, que je les porte en moi, qu’ils mûrissent au fur et à mesure et que, quand ils sont finis, je les ai « accouchés », expulsés de mon corps pour qu’ils aillent vivre leur de vie de par le vaste monde (qui se résume souvent à mon ordi).
    Et je suis aussi d’accord sur les limites qu’on se pose à soi-même. Je suis mon pire ennemie, en tant qu’aspirante-auteure, et je m’en rends compte. J’ouvre mon carnet et je me mets une pression de dingue. Je ne dois pas seulement écrire, je dois écrire un livre suffisamment bon pour être publiable et me permettre d’en vivre. J’avais commencé un projet mais je me sentais tellement illégitime à parler de certains personnages que je voulais créer, j’avais peur d’être ridicule, de les rendre clichés que je me suis bloquée et j’ai préféré le laisser de côté en attendant d’avoir plus confiance en moi.
    Bref, tout ce commentaire pour te dire : je comprends et, si écrire peut être magnifique, c’est aussi un putain d’enfer sur Terre !

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    1. Salut et …… merci pour ton commentaire qui s’était perdu dans les arcanes des  » en attente d’aprobation » … (sans déconner je viens de le découvrir…..!!! désolée pour cette réponse si si si tardive). Ton ressenti est très intéressant et j’aime beaucoup cette citation aussi en effet. C’est fou comme on peut se mettre la pression … lire ton expérience me rassure 🙂 Merci encore pour ton passage et peut-être à bientôt

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  3. J’aime beaucoup ce genre de témoignage sur l’écriture car c’est là que je me rends compte que même si on peut avoir des choses en commun avec d’autres passionné.e.s de l’écriture, chacun.e a son parcours. Et j’aime lire des partages de souvenirs, j’aurai été paralysée comme toi avec la prof qui attend de voir ce que tu écris !!
    Pour répondre à ta question, je ressens aussi cette tension pour écrire et me vider la tête mais c’est très récent. Quand j’étais au collège, j’étais plutôt dans la joie d’écrire et de m’évader – j’ai un peu perdu cette capacité que j’aimerai retrouver : le bonheur simple d’écrire, sans jugement (que ce soit le mien ou celui des autres 😉

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