Ecrire un bon début de roman

Coucou les copaings écrivains 🙂

Le début d’une histoire est à ma partie préfére dans l’écriture : faire découvrir au lecteur les personnages et l’histoire que j’ai mis tant de temps à sortir de ma tête 🙂

Pourtant, comme le décrit bien Ryan Lanz sur le blog A Writer’s Path (que je vous conseille si vous lisez la langue de Shakespeare) :

Every writer at one time or another struggles with beginnings–working, reworking, brainstorming, etc. before eventually arriving at that moment were it just clicks. It is a grand feeling, almost pure ecstasy.

Each book is different; sometimes it’s the middle that refuses to work, and sometimes it’s the end. One book the beginning flows out, and then the next book, it never fully blossoms.

But take heart if you are currently struggling with your story’s start: We’ve all been there. And whatever you do, don’t give up! Any story worth telling is worth the work and hours of head banging.

Comme je le disais ici  , à l’occasion de ce mois consacré à l’écriture (NaNoWriMo), je travaille justement sur le début de mon histoire.

Et je galère bien 🙂

A quoi sert le début ?

Il s’agit à la fois de présenter un univers, des personnages, une intrigue, et le conflit majeur de l’histoire … tout en accrochant l’intérêt du lecteur. Rien que ça.

C’est une question d’équilibre : il faut en dire suffisamment pour peindre une situation,  et ne pas trop en dire afin de laisser des questions sans réponses qui vont pousser le lecteur à tourner la page ou acheter le livre.

Je trouve que ce qui est intéressant c’est le cas particulier. Pourquoi notre personnage est spécial ? Pourquoi on en est là ? Comment va-t-on se sortir de cette situation ?

Le début doit créer une tension chez le lecteur.

De quel « début » parle-t-on ici ? eh bien, personnellement, pour cet article, je me situe aux environs du  premier chapitre. 

Ecrire le début de son roman : des extrêmes à éviter

Un classique de début à éviter, c’est le « début Encyclopédique » qui présente l’univers dans une description longue et ultra-détaillé.

Il apparait principalement dans la catégorie SF-FF mais pas seulement. On peut très bien se perdre dans les détails d’une description de ville contemporaine, ou de la relation amoureuse complexe qui va être traitée dans une romance. Bref.

Le lecteur n’a pas envie d’avoir trop de détails, trop d’informations d’un seul coup. Déjà parce que c’est difficile à ingérer. Et deuxièmement parce que c’est justement le plaisir de la lecture que de découvrir les éléments constitutifs de l’intrigue ou du décor au fil des pages.

Evidemment, quand on a passé des heures, des mois, des années à créer un univers, il ne nous tarde qu’une chose c’est de le décrire dans ses moindre détails. D’en mettre plein la vue au lecteur. De bien lui dire « Tu vois un peu à quel point mon imagination foisonne de détails foisonnants ?? »

Mais ce qui intéresse l’auteur-e n’est pas forcément ce qui intéresse le-la lecteur-ice.

Remarque pour le genre SF-FF : dans un début de roman, il n’est pas non plus indispensable de contempler un type fumer une pipe pendant une plombe et d’apprendre de façon très encyclopédique pourquoi que la fumette est une coutume importante chez les Hobbits…. !  Pardon pour ce blasphème …  j’adore l’univers de Tolkien, mais je n’ai pas survécu à ce début bien trop chiant…  Ce qui n’empêche pas le livre d’être mondialement apprécié. Eh oui, en écriture comme dans les autres arts : les règles sont faites pour être brisées. Tous les conseils d’écriture qu’on peut lire ne sont que des avis ^^ pas des règles absolues 😉 Sinon, où serait l’originalité ?

Revenons à nos moutons fumeurs de pipes : décrire platement les détails de notre univers ne le rendra pas plus vivant ni plus intéressant.

Pour savoir quoi raconter dans un début descriptif, il faut se demander quels éléments sont utiles au lecteur pour comprendre les enjeux de l’intrigue ? Quels éléments entrent en lien avec le personnage ?

Cela permet d’éviter des longueurs sur des éléments qui peuvent être introduits plus tard.

En tant que lecteur, vous avez surement remarqué comme certain-e-s auteur-e-s sont doués pour vous embarquer complètement dans leur monde, dès les premières lignes ! Comment font-ils ?

Pistes pour écrire un bon début de roman

En travaillant sur le début de mon histoire (ce n’est pas un « roman » au sens strict car c’est une fanfiction, mais elle est aussi longue qu’un roman), j’ai essayé de classer les débuts que j’avais adorés en tant que lectrice.

Voici mon top 3 et les exemples qui vont avec. Je n’ai pas encore tout à fait décidé lequel emprunter… je suis curieuse d’avoir votre avis.

  • Le début qui présente le mystérieux méchant et/ou son mystérieux plan

Inspiré des films hollywoodiens mais aussi de certains romans, et notamment le tome 4 de Harry Potter, ce début montre en général le méchant et ses acolytes.

On découvre en quoi le méchant est original/cruel/aliéné/maniaque ou que sais-je, et on donne des miettes de son plan machiavélique pour conquérir l’humanité/tuer sa prochaine victime /éliminer son pire ennemi (aka le héro).

J’aime beaucoup l’écriture de JKR car elle est très visuelle et très immersive, ce qui lui permet d’engager l’empathie et l’intérêt du lecteur. Deux qualités que j’espère atteindre dans mon écriture.

En tout cas, ce début se place du point de vue du méchant ou de ce que le héro va devoir affronter.

Exemple : vidéo de la 1ère scène du film HP et la Coupe de Feu qui est très fidèlement adaptée du livre.

 

  • Le début qui introduit le personnage principal et son passé

A l’opposé du précédent, ce début s’écrit du point de vue du héro. Il peut s’agir de sa jeunesse difficile, du contexte familial, du meurtre d’un parent ou que sais-je : le lecteur découvre d’où vient le personnage. Le « passé » c’est la fameuse backstory : l’histoire d’un personnage avant le début des événements de la fiction. 

Je suis très admirative des auteur-es qui arrivent, en une seule scène, à présenter le héro et son univers tout en nous montrant son caractère et ses relation avec les autres. C’est ainsi que l’on s’attache à ce personnage principal.

Bien sûr, cette backstory peut également être diluées à travers flashbacks, souvenirs ou dialogues. Mais je trouve qu’elle fait de très bons débuts.

Exemple : l’introduction du personnage de James T Kirk dans le Star Trek de 2009

 

  • Le début en plein cœur de l’action : In Media Res

Enfin, et c’est peut-être le plus engageant pour un lecteur : le livre commence en même temps que l’histoire/intrigue principale.  Méthode  très efficace pour plonger  tête la première sans prendre le temps de respirer, happé par me rythme !

Il faut choisir un moment ou l’action dramatique se joue. Un moment où « il se passe quelquechose » . On peut ainsi présenter les réactions des personnages face à un obstacle. C’est une autre manière de montrer leur personnalité.

Plein d’exemples me viennent à l’esprit, et c’est aussi parce que ce sont des débuts marquants :

Exemple SF Post-Apo :

  • The Walking Dead (idem, la série est très fidèle au premier tome de la BD)
  • ou 28 jour plus tard :

Le personnage principal se réveille dans une chambre d’hôpital déserté, découvre un monde en ruine et ses nouveaux habitants zombifiés…

Exemple Young Adult-romance :

  • la première scène de The Mortal Instruments m’a accrochée malgré moi ! (idem, scène du film très fidèle au bouquin).

L’héroïne brave le couvre feu de sa mère pour aller en boîte avec son meilleur ami. Elle est témoin d’un meurtre pas comme les autres : un chasseur de démon tue un démon, et en plus, il semblerait qu’elle soit la seule à l’avoir remarqué.

Exemple Romance :

  • la scène d’introduction de Bridget Jones’ Diary.

Oui euh désolée je lis vraiment peu (pas) de romances.

Dans la vidéo ci-dessous, on voit le personnage principal visiblement déprimée, dans son salon. C’est une découverte assez intime : que faites-vous, vous, quand vous êtres déprimés ou le coeur brisé ? Bridget chante All By Myself en se gavant de vodka.

Le livre commence un peu après, dans la scène où Bridget rejoint la réception de noël chez sa mère. Famille relou, faux-semblants, questions embarassante : c’est une parfaite description de la pression sociale perçue par une trentenaire :  » Tu n’a pas perdu de poids…. Tu es toujours célibataire ? Tu n’as pas arrêté de fumé ! »

Cette scène se termine sur la découverte du prétendant … Mark Darcy.

Contexte, humour et vie sentimentale. Tout y est, on sait de quoi l’histoire va parler, on est intrigué. (Oui j’adore Bridget Jones, c’est mon petit secret)

Exemple SF FF :

Tellement de livres et de films commencent ainsi que c’est difficile d’en choisir un seul … Je vais vous parler d’une lecture récente pour une fois :

  • le génialissime Altered Carbon

L’adaptation série Netflix débute exactement comme le roman : le héro, combatannt rebelle mis sous sommeil artificiel il y a 250 ans, est réveillé par ‘lhomme le plus puissant de ce monde. Celui-ci lui demande de résoudre un meurtre complexe. Le sien.

Eh oui, dans ce San Francisco cyberpunk, une technologie permet d’étendre la vie à l’infini en sauvegardant la personnalité humaine sur « disquette » et ainsi investissant un nouveau corps   à volonté, appelé ici « enveloppe ».

Backstory et personnalité s’entremêlent pour présenter le héro au nom aussi complexe que son passé : Takeshi Kovacs.

Bim, c’est parti, attachez vos ceinture !

PS : N’ai pas pu trouver la scène de début de l’épisode mais ce trailer représente bien le début (et vous convertira peut-être 😉 )

Conclusion

Mon top 3 : le début « InMediaRes », le début « Backstory » et le début du « Méchant ».

Quel début est votre préféré?

En tant que lecteur-ice et en tant qu’auteur-e ?

Quels autres débuts fonctionnent selon vous ? 

blue feather Nox


2 réflexions sur “Ecrire un bon début de roman

  1. Chouette article et c’est encore plus sympa avec la quantité d’exemples que tu donnes ! Que ce soit pour lire ou écrire, je dois dire que le début InMediaRes est ce qui me plaît le plus, car je trouve difficile à mettre en place le début Backstory (j’ai tendance à trop m’étaler sur le passé du personnage et à en oublier de faire avancer l’action !) Après, la difficulté avec InMediaRes c’est qu’à un moment, on se retrouve à devoir mettre des flashbacks ou des sous-entendus pour faire comprendre le passé du personnage (et j’avoue m’emmêler facilement les pinceaux car je manque de méthode haha) Le début avec un Méchant, je n’ai encore jamais testé, donc à faire un jour pour voir ce que ça donne ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Hey merci pour ton commentaire, j’avais justement peur que les exemples alourdissent ou je ne sais pas ^^
      J’ai du mal aussi avec le début backstory haha, pourtant c’est quand même ce que je préfère écrire. Mais c’est exactement comme tu dis : je m’étale trop 😉
      haha au plaisir de te lire alors !

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s