Pour ou contre les « Starbuck’s writers » ?

Autant vous prévenir tout de suite : ce titre est un leurre.

J’ai vraiment l’intention de parler des Starbuck’s Writers, mais je ne veux pas réellement répondre à cette question. C’est pas très clair ? Voilà le topo.

Avant-Propos

Si tu trouves qu’un article de blog avec un sujet à la con commençant par un avant-propos, ça pue l’embrouille, eh bien tu n’as pas tort 🙂

L’avant-propos, qui n’est pas des plus stupides, c’est que j’aimerais dire que Starbuck représente le Mal. Oui oui.

Nonobstant les « pratiques discutables en matière de ressources humaines, commerce équitable et pollution« , Starbuck c’est 3 morceaux de plastique par café et c’est surtout de quoi poster sur instagram…

Bref. On s’en fout du nom de la marque. Nous parlerons dans cet article d’un concept qui peut tout simplement s’étendre aux « Cafés » writers : toute personne qui écrit dans un café ou un lieu destiné à la consommation de boissons chaudes.

Voilà qui avant-propose ET qui définit le thème.

Comment tout à commencé…

Est-ce que ce débat existe vraiment ? Eh oui. Cela fait partie des débats sans fins intrinsèques du web.  J’en ai pris connaissance il y a 2 ans.

Voici la petite histoire qui vous mettra dans le contexte.

A l’automne 2017, je passais un mois seule à Dublin. Pour la première fois depuis longtemps, j’avais le temps et l’occasion de faire une grande introspection.

Tout en faisant semblant de terminer ma thèse, j’essayais réellement de comprendre pourquoi la fin de mes études m’angoissait autant… Je sentais à nouveau le besoin d’écrire, mais j’avais du mal à comprendre mes réelles intentions à ce sujet.

Une chose menant à une autre, j’installais Instagram sur mon premier Smartphone (oui oui, en 2017). Je découvrais l’univers chronophage et hypnotique de bookstagram et de la blogosphère littéraire… et j’y sombrais avec délectation.

Comme j’étais seule et isolée de tout contrôle sur mes réels agissements, je m’adonnais au plaisir coupable de ne faire QUE ce qui m’intéressait, MOI et MOI SEULE, pendant un mois. Le top.

Au cours de ce mois de liberté, je me suis retrouvée deux fois dans la Trinity College Library, une dizaine de fois dans chaque librairie (indé ou non) de Dublin… une fois aussi dans chaque boutique geek ! (entendez comics et funkopop…) etc . Vous voyez le tableau. Je passais du temps dans les rues charmantes de la capitale des trèfles et des Leprechauns et je croisais beaucoup de Starbucks…

Ecrire dans un Starbuck

J’ai toujours été fan, depuis l’adolescence, des gens qui tapent frénétiquement sur leur clavier, assis dans un café. Ou de ceux qui écrivent fébrilement des notes manuscrites dans un carnet.

Je crois que c’était après avoir lu dans un magazine que JKR avait écrit Harry Potter dans un pub…

L’activité créatrice des autres me stimule ? m’inspire ? m’attire ? En tout cas, cette image résonnait en moi assez mystérieusement et tout ce que je savais c’est que « moi aussi je voulais écrire dans un Starbuck ».

Sauf que pour quelqu’un qui se préoccupe trop du regard des autres, il n’est pas évident de se sentir légitime à ouvrir son laptop devant tout le monde et de simplement se mettre à écrire. D’autre part, c’est également une prouesse technique : il faut déjà se le trimbaler dans le bus sans le péter ni le mouiller (la scène se passe à Dublin, n’oubliez pas). Mais enfin. Admettons.

L’argument fatal qui m’a bloqué dans cet élan plein d’enthousiasme ne fut ni les considérations pratiques ou écologiques, ni le writer’s block … Non c’était bien plus nul que cela.

C’était un article (dont je ne me souviens pas la provenance) qui critiquait méchamment les « starbuck writers » .

J’ai fait quelques recherches sur le sujet, car je me passionne d’un rien et que je suis légèrement obsessionnelle… Il se trouve que depuis un certain épisode de la série Family Guy, la blogosphère bien pensante s’était emparée du truc.

Vous n’avez qu’à faire le test. Googlez « starbuck writers » et vous verrez bien : mes premiers résultats sont « all the pretencious writers in Starbucks » et « why so many people write in starbucks« .

J’ai donc découvert très naïvement que ce n’était pas un acte unanimement considéré comme cool ni même apprécié.

D’après moi c’était une démarche personnelle et pacifique mais d’après tous ces articles, si je m’installais dans un Starbuck pour écrire, c’était pour me montrer en train d’écrire et donc pour me la péter…

Sachant que je souffrais (comme si je pouvais conjuguer ce verbe au passé haha) d’un énoooorme syndrome de l’imposteur, il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour que ça bloque tout élan créatif dans un café, et même tout élan créatif tout court.

Je me suis renfermée dans ma bulle.

« Bien sûr que je suis prétentieuse… je n’écris que de la merde et cela ne changera jamais… de toute façon écrire est une perte de temps… je n’ai pas fait d’études littéraires et je dois donc obligatoirement laisser tomber car je n’ai et n’aurais jamais aucune légitimité »

Oui. Je fais souvent dans la demi mesure.

Un message d’espoir intitulé « Ecrivez où vous voulez, merde ! »

Avec le recul, et en gagnant confiance en moi sur le sujet de l’écriture, j’ai pu poser un regard différent sur la question. Mais il m’a fallu du temps. Deux ans c’est long, mais parfois c’est le temps qu’il faut pour se rendre compte de la connerie du monde. Et c’est de ça que je voulais réellement parler aujourd’hui.

A tous les haters du web littéraire : je vous emmerde.

(J’avais prévu mille autres façons de le dire, plus ou moins construite avec des arguments et tout, mais en fait, le fond du message est vraiment celui-ci, alors restons simples 🙂 )

Je veux dire, vous êtes sérieux ? Quel est le niveau de débilité de cette remarque, objectivement : « Si les gens écrivent dans un café c’est parce-qu’ils veulent que tout le monde les voient et donc qu’ils sont prétentieux » … ?

Que penser des gens qui écoutent de la musique dans des cafés ? De ceux qui fument une cigarette dans des cafés ?

Est-ce que les gens qui respirent en public se la pètent d’exister …?

Maintenant que j’ai moi aussi un moyen d’exprimer mes points de vue débiles sur le monde à travers ce blog chéri, j’avais très envie de parler de ça avec vous. Voilà qui est chose faite.

J’en suis ravie.

Je suis également curieuse de savoir ce que vous en pensez bien sûr,  surtout si vous êtes d’accord avec moi XD

Sans rancune, hein.

Le plus triste c’est surtout le fait que des personnes partageant la même passion, ici l’écriture, puissent être si haineuses et si décourageantes les unes envers les autres.

Non je ne suis pas née hier, non je ne suis pas naïve, mais parfois je me rappelle à quel point la bêtise humaine et le manque d’empathie me désespèrent… et ça donne ce genre d’article.

Vous aurez compris à ce stade que je suis contre les Starbucks mais pour les Cafés Writers 🙂 Mais surtout je suis pour la liberté de chacun quand il s’agit de créer pacifiquement.

Voilà, c’était une petite réflexion en passant histoire de discuter de tout et de rien.

Le mot de la fin

Torréfaction

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17 réflexions sur “Pour ou contre les « Starbuck’s writers » ?

  1. Whaouh y’a vraiment eu des débats là-dessus ? ^^ Pour ma part je n’écris pas dans des cafés pour 2 raisons. La 1ère, c’est qu’il faut payer une consommation 🙂 Voire plusieurs si on reste longtemps ^^ La 2ème, je déteste qu’on lise en même temps que j’écris :p
    Le côté « je me la pète » je n’y aurais même pas pensé….
    L’essentiel c’est d’écrire dans un endroit qui nous plait ou nous inspire, pour moi c’est plutôt la maison, mais chacun a le droit d’avoir ses préférences ^^

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    1. Comme toi je n aime pas que l’on puisse lire par dessus mon épaule, mais quand il m’arrive d’écrire « en public » je m’arrange pour être quand même assez isolé / écran face au mur 🙂 D’accord avec toi sur le fait que l’on ne peut pas forcément y rester longtemps…
      Comme toi, je me sens le plus à l aise à la maison dans mes coins cosy 😉

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  2. Ha ha, je découvre complètement l’existence de cette question ! Je me souviens que, plus jeune, j’avais une vision très « cool » des personnes bossant sur leur ordinateur dans un café, pour écrire, faire un power point ou autre chose. J’avoue ne m’être jamais posé plus de question là-dessus, si ce n’est effectivement que les chaines comme Starbucks me débectent.
    Je trouvais ça cool, mais contrairement à toi, j’ai débord eu une réaction inverse par rapport au syndrome de l’imposteur : je me suis dit « t’arriveras jamais à rien dans l’écriture (oui même dans ma tête je n’ose pas prétendre faire de la littérature 😀 ), tu n’es pas fait pour ça, mais si tu veux te donner une chance, il faut que tu fasses comme ceux qui réussissent! » Et effectivement à ce moment il y avait une mode de l’écriture dans un lieu public, alors j’ai essayé. Je n’ai pas du tout aimé. Déjà quand devant moi il y a trop de crayons que me déconcentre en faisant des petites constructions alors quand il y un flot de personnes qui passent, aucune chance que je n’écrive quoi que ce soit !
    De fait, j’en ai conclu que ce n’était pas pour moi. J’aime bien flaner, sortir, me poser pour chercher l’inspiration, mais pas pour écrire.
    Mais je suis entièrement d’accord avec ta conclusion… Quelle tristesse que de tels débats puissant agiter les esprits ! Que chacun fasse comme bon lui semble dans le respect et la bienveillance de l’autre !

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    1. Haha j ‘étais aussi surpris que vous tous de lire de tels articles de « haters » sur le sujet… (dire qu’il y a eu « débat » est probablement un peu exagéré 😉 ) En tout cas, comme toi je ne trouve pas ça forcément facile de se concentrer pour écrire en extérieur. Oui je trouvais ça très cool aussi, d’où mon envie de faire la même chose 🙂
      D’ailleurs, à l’occasion des NaNoWriMo par exemple, certains auteurs se regroupent dans des cafés (ou ailleurs) pour écrire ensemble : ça m’a toujours tenté et effrayé … qu’en penses-tu ?
      D’accord avec toi que les balades sont propices à l’inspiration, mais justement, j’aime bien noter les idées qui me viennent en regardant les gens dans un café, ou simplement en s’imprégnant de l’ambiance 🙂
      Merci pour ton passage,
      A bientôt

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  3. Tout comme nos collègues j’ignorais qu’il existait un débat sur la question. Pour ma part j’y réponds que les gens font bien ce qu’ils veulent tant que leur comportement ne met personne en danger, or, le plus gros danger encouru ici par les détracteurs des auteur.e.s de café semble une blessure d’orgueil. Je fais moi même partie des gens qui apprécient écrire et travailler dans les cafés, et jamais il ne me serait venu à l’esprit que des gens puissent se dire que je fais ça pour me la péter. Je suis télétravailleur en parallèle de mon activité d’auteur blogueur et j’éprouve de temps en temps le besoin de rédiger dans un autre environnement que chez moi. Cela m’aere et me permet de rencontrer du monde.
    Le café constitue un formidable endroit où reseauter. C’est grâce à mes sessions d’écriture dans les cafés que je me suis lié d’amitié avec le châtelain d’un château que j’avais toujours rêvé de visiter sans pouvoir combler ce souhait car le château était privé. Quelle était la probabilité que je rencontre particulièrement cet homme dans ce café, que je m’y rende aux mêmes horaires que lui et qu’il soit intrigué par ce que fabriquais dans un coin de la salle avec mon PC ? C’est la magie de l’écriture dans les cafés ! Je pense que les personnes qui y voient un acte d’orgueil ne font que projeter leur propre schéma mental sur nous 😉

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    1. Quelle anecdote originale cette rencontre ! tout à fait d’accord avec toi c’est très stimulant, même si je n’ai jamais écris « beaucoup » dans ce genre de situation car on est facilement distrait, mais j’aime retranscrire l’ambiance qui m’entoure voire m’inspirer des gens autour de ma table 🙂
      Je comprend tout à fait ton besoin de changer de cadre ! Est-ce que tu le fais souvent?

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      1. J’aime beaucoup également imaginer la vie des gens autour de moi ! Plonger dans ce bouillon humain a de quoi faire galoper l’imagination au hasard des rencontres et des bribes de conversation entendues ici ou là.

        Je n’ai pas de rythme prédéfini, tout dépend de mon emploi du temps. Certaines semaines j’y suis tous les matins, d’autres fois j’y vais une fois ou deux (toujours le matin) et d’autres semaines je n’y pose pas les pieds. Mes allées et venues dépendent de mon humeur et évidemment de mon planning. Voire parfois de celui de mes partenaires d’écriture, car il m’arrive de rejoindre un groupe de connaissances télétravailleuses ou auteures ^^

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          1. J’avais la même vision idyllique et elle n’est pas déçue, j’ai toujours su que c’était le mode de travail qui me convenait le mieux. Après j’ai beaucoup de connaissances qui en rêvaient, ont testé et détesté. Il faut vraiment le vivre pour en prendre la pleine mesure (ne serait-ce aussi que pour piger que non, les teletravailleurs ne sont pas des fainéants, on a tendance à bosser plus quand on bosse de chez soi si on a du mal à instaurer une frontière solide entre le privé et le pro, mais c’est un autre débat que celui de ton billet ^^).

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            1. Oui tout à fait c’est un autre sujet mais il n’est pas interdit de s’éloigner ^^ Merci pour ta réponse en tout cas. Ce n’est pas du tout possible dans mon corps de métier, mais si je devais changer, un jour, j’aimerais beaucoup tester en effet. A bientôt 😉

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  4. Mais quoi ? Il y a vraiment des gens qui ont suffisamment de temps libre pour se prendre la tête là-dessus ? 😂
    J’ai testé le fait d’écrire dans des cafés, occasionnellement, pendant la période bénie où j’avais pris quelques semaines de congés pour écrire. C’était une façon de sortie un peu de chez moi. En revanche, je ne le fais plus car ça me prenait trop de temps de débrancher mon (gros) ordi, le ranger dans une sacoche, le trimballer dans un café, le connecter au wifi, mettre mes écouteurs parce que le café passait une musique nulle, etc. C’est vrai que je trouvais ça cool, mais bon.

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    1. Haha j ‘ai l’impression d’avoir déterrer un truc car tout le monde est surpris ! En tout cas dans le monde anglosawon/dans la blogo anglosaxone on trouve beaucoup d’articles sur le sujet (sans qu’il y ait vraiment débat car peu de personnes « discutent » c’était plutôt de la critique pure lol )
      Oui trimbaler un PC reste un défi technique pas toujours simple 😀

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  5. Je pense que je pourrais pas écrire dans un café juste a cause du bruit ambiant … De la a penser que les gens qui écrivent dans les cafés sot des péteux, il faut quand même y aller. Bref je te rejoins : ecris où tu veux bordel!

    Aimé par 2 personnes

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