Procrastination et écriture- Ep 1

Comment fonctionne mon cerveau d’autrice-procrastinatrice ?

Vous avez certainement entendu parler des Ted Talks. Et est-ce que vous connaissez le blogueur Tim Urban ?

Oui ? Tant mieux vous êtes quelqu’un de bien. Non ? C’est pas grave , moi non plus jusqu’à ce que je tombe sur la vidéo qui a inspiré cet article. Si vous ne voyez pas de quoi/qui  il s’agit : il vous suffit d’être familier avec le thème de (ma vie) cet article, et tout va bien se passer.

On va parler de celle que l’on ne présente plus, celle sans qui notre vie serait (meilleure) fade, cette chère copine-un-peu-connasse : la Procrastination.

En tant qu’apprentie-auteure-en-herbe-qui-assume-pas-le-mot-autrice, je suis victime du syndrome de l’imposteur. Comme vous (la meuf trop sympa) j’ai différents blocages lorsque j’écris, ou même avant d’arriver à écrire. La fameuse page blanche. Souvent, les émotions qui remontent quand j’écris sont responsables de ces freins, sans que je comprenne « en plein conscience » ce qui se passe. C’est à ce moment là que ma procrastination entre en scène et c’est de ça dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui.

C’est une manœuvre doucereuse d’évitement de la confrontation à la réalité de l’écriture. Mais aussi à la difficulté, à l’échec possible, à cette lutte interne consistant à démêler des mots depuis ma pensée vers un clavier ou une page papier…

Ce sont des moments de faiblesse qui me poussent à me disperser dans les méandres du net à la recherche d’une excuse, d’inspiration, d’illustration pour une histoire dont je n’ai même pas le plan… Parfois je me laisse même aller à croire que des solutions _des « trucs d’auteur » _ existent pour passer le cap et ne plus jamais être en proie à ce vide paralysant.

C’est une illusion, mais quoi ? Elle est agréable. Et puis, qui sait ? Peut-être qu’à force d’essayer, je trouverais ?

Enfin, c’est dans ces moments de procrastination que je croise des TED TALKS .

NB : Les TED TALKS sont des conférences de développement personnel, où un orateur ayant un parcours de vie atypique va partager son expérience, ses conseils, sa vision , ce qui l’a poussé à en arriver là. 

Un jour, un TED TALK m’a sauvé la vie !

Oui enfin…. En tout cas, un Ted Talk m’a fait comprendre des trucs hyper sensass (expression des années 90) et comment un jour, PEUT-ÊTRE, je pourrais moi-même me sauver la vie en arrêtant de procrastiner !

Et Tim Urban alors, c’est qui ce type ?

Eh bin c’est un type qui a fait science Po, et puis qui a fondé un blog tellement génial que Elon Musk y est abonné. Vous z’en foutez ? M’j’comprend. Mais c’est un fait.

Enfin le plus important, c’est que ce type a fait le meilleur Ted Talk du monde. Et le deuxième truc le plus important, c’est que ce type a réussi à me faire comprendre comment moi je fonctionne. Et c’est de cette épiphanie que j’ai envie de discuter ci-dessous.

Comme tout procrastinateur, j’ai trois personnages aux commandes du navire MonCerveau

Le capitaine est (sensé être) un « décideur rationnel ». A côté lui, il y a un petit singe qui ne pense qu’à s’amuser, nommé en VO le « instant gratification Monkey » (parce que les anglosaxons considèrent apparemment que le singe est la métaphore appropriée de l’hédonisme … ?). Bref. Le troisième personnage c’est le Panic Monster.

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Comment ces trois personnages interagissent pour faire de ma vie un enfer ? Je vais vous le dire…

J’ai clairement la flemme de tout ré-expliquer en fait… mais en même temps, si je ne le fais pas, la suite de cet article  n’a pas vraiment de sens. Alors retroussons-nous les manches.

Dans le cerveau d’un non-procrastinateur, le Décideur Rationnel contrôle bien le Instant Gratification Monkey (ce dernier porte même une cravate et bosse sur son PowerPoint, voyez ?)

Le Capitaine planifie donc de faire des choses chiantes et obligatoires, sans que ça lui pose trop de problèmes, et le Singe reste à sa place. Le capitaine est un mec qui sait s’amuser hein. Il sait également faire de la place pour les choses funs, mais SEULEMENT sur le temps libre « bien mérité ». Ainsi, tout se passe pour le mieux.

Mais dans mon cerveau (et le vôtre ?), le Décideur Rationnel est piraté voire carjacké par le « Signe Distrayant » _ouais ça rend mieux en anglais_ qui prend la barre des commandes pour ne faire QUE ce qui est, je cite, « easy and fun« .

C’est comme ça qu’un procrastinateur n’arrive jamais à se mettre à une tâche, car il trouve toujours un besoin impérieux de faire quelque chose de fun à la place. Et plus la tâche est entourée d’attentes extérieures, de pression, d’exigence de résultat, plus le Singe a envie de déconner à la place. La tâche peut par exemple être la rédaction d’une thèse, ou juste faire sa compta, ou ce qui nous concerne plus directement ici : écrire un roman…

Ce qui explique qu’au lieu de se mettre petit à petit à la tâche, de suivre un plan rationnel et d’avancer progressivement, le procrastinateur évite le sujet tabou jusqu’au dernier moment. Jusqu’à la deadline.

Heureusement qu’il y a la deadline ! Notez bien ce point, c’est hyper important.

Car la SEULE CHOSE qui fait assez peur au Signe-Glandeur, c’est le Panic-Monster !

Le monstre était dormant jusqu’ici, mais il s’active à l’approche de la deadline. Il annonce une catastrophe imminente comme par exemple : ruiner sa carrière si on rend pas ce rapport à temps, ou bien être humilié en public si cet exposé n’est pas prêt… Ou encore ne jamais publier ce cher roman…

Ainsi, le Panic Monster fait fuir le Singe ! Le Décideur-Rationnel reprend les commandes et, du coup, se tape plusieurs nuits blanches pour arriver au terme du boulot, en urgence.

Donc jusque là, a priori, vous me suivez. Je suis sûre que vous aussi vous avez connu ça : ce projet qu’on repousse jusqu’au dernier moment, et qui nous fout ultimement les jetons pour qu’on le termine comme des connards en 3 nutis à coups de 10 cafés par jour. ça peut même être votre dernier NaNoWriMo 😀

Pourquoi ce concept à changé ma vision des choses ?

Déjà cette explication rigolote m’a permis de vraiment poser des mots _et des images drôles_ sur ce qui se passait finalement à l’intérieur. J’aime bien ça moi, parce que quand j’étais petite je regardais Il était une fois, et que j’adorais ça, voir les bonhommes à l’intérieur de mes vaisseaux sanguins m’expliquer comment je fonctionne 😀

Mais ce cher Tim va plus loin, et explique qu’il y a deux procrastinateurs. Le premier procrastine à court terme : pour une thèse, une pile à lire ou un une tâche ménagère relou. Sauf que moi je suis le deuxième type : un procrastinateur « à long terme » . C’est celui qui repousse tous ses projets de vie d’adulte, ces projets flous, qui n’ont pas de date précise. Puisque dans la vie perso, et parfois pro, il n’y a pas de Deadline.

Et c’est ça qui pourrit la vie d’un procrastinateur, qui cause le plus de dégâts, engendre le plus de mécontentement, voire de déprime… Il est sérieusement prouvé que la procrastination est liée à plus de risque de dépression et de mal-être 😦 .

Contrairement à la douce période des études ou du lycée, et contrairement aux obligations externes _ comme remplir sa fiche d’impôts_ il n’y a pas de calendrier imposé pour se mettre à l’écriture _sauf si votre éditeur vous a donné une date, mais alors là, on ne joue plus dans la même catégorie. Il n’y a pas de deadline pour se mettre au régime, se mettre au surf, ou faire le tour du monde, ou changer de job.

Il n’y a pas de deadline pour les projets de la vie d’adulte, et c’est à cause de ça qu’un procrastinateur peut passer des années à côté de sa propre vie. Rester spectateur du Singe-Glandeur qui tient les commandes et fait n’importe quoi…

Alors c’est quoi la solution pour arrêter de procrastiner ?

C’est de comprendre qu’on ne changera probablement pas.

Ah mais c’est pas drôle ça, me dites-vous. Du coup, on est baisé ?

Mais non.

Comme je vous l’ai dit plus haut, la solution : c’est la deadline. Et dans deadline, il y a DEAD.

Je sais je sais. On va parler de la mort. Mais plus loin.

Peut-être que vous vous dites « J’ai déjà essayé de m’imposer des dates ou des ultimatums, et je ne m’y tiens pas », ou bien « je ne suis pas assez motivée pour arriver au bout ». Moi aussi je me suis dis ça.

Mais le truc qui a, on peut dire, changé ma vision des choses_ et là je suis hyper sincère 🙂 _ c’est de comprendre que je n’ai pas « toute ma vie devant moi » pour réaliser ce projet.

Le concept de la grille de vie

Je vous montre. C’est tellement explicite…

Attention mesdames et messieurs, voici toute votre vie étalée sous vos yeux, et elle tient sur une page A4 _ oui oui _ : un carreau = une semaine de vie.

Vous trouvez ça flippant? Ultra stressant?

Inspirez. Expirez.

Une fois passée cette impression vexante que nous ne sommes que des petites fourmis dans l’univers, on peut y voir autre chose.

C’est ça le truc, la vraie solution. C’est d’accepter, de profondément réaliser, que la vie est courte, et ainsi, en tirer sa motivation… L’ultime Deadline c’est la mort.

Mais non, non, non, ce n’est pas déprimant. C’est juste la vérité que l’on ne veut pas voir. Mais c’est ça le secret des gens qui font des trucs cools dans leur vie ! C’est même la base du concept YOLO. En voyant les choses comme ça, on a ce sentiment d’urgence qu’il faut tirer le maximum de ces mois, de ces semaines de vie. Vivre sa meilleure vie. Ce genre de conneries.

Et écrire son putain de roman finalement. (Ou même décider de laisser tomber, et faire ce qui vous fait vraiment plaisir 🙂 ) .

Le procrastinateur répond très mal au concept de l’infini. Cela lui donne l’impression que jamais rien ni personne ne pourra l’obliger à faire ces trucs chiants ou ces efforts. Cette notion de finitude, c’est le Panic Monster du long terme. C’est pour ça que ça fonctionne.

Et l’écriture dans tout ça ?

J’ai vu ce TedTalk pour la première fois en Mars 2020, premier confinement, et je l’ai pris comme une claque. J’espère sincèrement qu’elle vous fera le même effet. J’en avais besoin alors, et j’en ai eu à nouveau besoin récemment : c’est pour ça que j’ai eu envie d’écrire cet article.

L’écriture, c’était d’abord un rêve de gosse. Et depuis quelques années, j’ai vraiment voulu concrétiser le projet. Me former. Pratiquer. Lire davantage. Etc. Mais j’arrive plus à avancer. J’accumule les idées et ébauches de plans sur mes projets, je remplis des pages et des pages sur Scrivener, mais je n’avance pas vraiment. Cela m’angoisse parce que je sens que ça me file entre les doigts. Que je me décourage parfois. Que c’est trop dur, que j’ai pas le temps…

Bien sûr c’est difficile de faire face à plein de choses du quotidien : que ce soit le stress, la vie de famille pas toujours rose. Se rajoutent à cela les problèmes et les barrières personnels qui nous freinent dans l’écriture. Mais je me suis souvenu que le véritable _et le seul_ ennemi, c’est moi. Les vrais barrières ce sont celles que je m’impose. C’est pas plus compliqué que ça.

Qui m’empêche de changer cette situation qui ne me convient pas ? Qui m’empêche de mieux manger et de faire un peu d’activité physique tous les jours pour me remettre en forme ? Qui m’empêche de passer plus de temps avec mes proches (ne répondez pas à cette question entre Mars 2020 et Mai 2021) ? Qui m’empêche d’apprendre cet instrument, cette langue ou cette danse ?

Qui m’empêche de travailler sur moi pour vaincre cette peur qui me détruit depuis ces années ?

Qui m’empêche vraiment de me foutre à ce bureau, et d’avancer, petit à petit, sur ce super projet de roman ?

Mon projet de roman « principal » me paraît bien plus concret, bien plus palpable depuis que je me dis que non, je n’ai pas « toute ma vie devant moi pour l’écrire ». Si je ne prend pas le temps maintenant, je ne le prendrais jamais.

D’ailleurs j’ai arrêté de dire « j’ai pas le temps » et à la place je dis « je ne prends pas le temps ». C’est libérateur comme exercice. C’est pas pour se faire culpabiliser, c’est pour comprendre en toute transparence, quelles sont nos vrais objectifs cet après-midi, cette semaine ou ce mois-ci.

La vérité, et c’est ça le véritable challenge _ pour un apprenti auteur ou pour n’importe qui_ c’est que le plus dur est de se donner les moyens tout simplement.

De prendre le temps pour écrire.

De dire FUCK à son Singe-Glandeur, de faire appel s’il le faut au PanicMonster de la Mort, et de se foutre au turbin !

10 points pour Gryffondor Serdaigle !

Voilà. On arrive au bout.

Si vous voulez encore procrastiner un peu 😀 Le blog de Tim Urban regorge de conneries, (lien en bas) souvent inspirantes, parfois juste drôles. Ses articles sont bien trop longs. Mais à chaque fois, je plonge à fond. Le mec est un gourou…

La conclusion de tout ce bordel ?

C’est qu’on a bien sûr le droit de glander. Là n’est point la question.

Mais après avoir pris conscience de tout ce qu’il y a ci-dessus, il faut faire PLUS de place pour les choses vraiment importantes, et MOINS de place pour les autres.

Le plus beau, c’est que c’est à vous de décider ce qui est important de ce qui ne l’est pas. Cela suppose une petite pause introspective avec un papier et un crayon.

Et mettez une laisse à ce putain de singe-glandeur , dediou ! (c’est pas un vrai singe, vous avez le droit 😉 ) .

Avant de repartir, dites-m ‘en plus sur vous, et on pourra poursuivre cette conversation dans le prochain article sur le sujet 🙂 Vous êtes un procrastinateur à court ou long terme ? Vous avez vécu des déconvenues à cause de ça ? En quoi la procrastination vous pèse ?

FunFact n°1 : j’ai mis un an à procrastiner l’écriture de cet article

FunFact n°2 : je suis ravie de l’avoir terminé 🙂

Le mot de la fin

Rat-musqué


4 réflexions sur “Procrastination et écriture- Ep 1

  1. Je ne connaissais pas (enfin, j’ai du en voir un bout parce que les dessins ont titillé ma mémoire ^^), et j’ai adoré ton explication !

    J’ai aussi eu un gros coup de mou après la fac, en sortant d’un cadre. Il n’y a plus de deadline, oui. Chez moi c’est le Nano qui est devenu une deadline et qui m’a mis ce coup de pieds au derrière ; suivi d’une année blanche, et d’un 2ème Nano où je me suis dit, faut pas arrêter, bon pas continuer à ce rythme non plus, mais, se trouver un entre-deux ^^

    Et j’ai découvert le write 1 year et son petit tableau pour compter les mots sur une année 🙂 Alors oui, j’ai petit objectif pour éviter la grosse pression, mais, ça me permet de voir que j’avance. Après, c’est pas une méthode qui convient à tous (je parle du comptage de mots ^^), pour moi c’est un repère.

    Pour publier, je m’étais mis aussi un jour de publication, comme ça pareil, effet deadline et « obligation » de poster (j’ai parfois raté des semaines et décalé parce que « le chapitre n’était pas prêt » et que le but n’est pas de poster pour poster, donc pareil, ça restait un guide + qu’une réelle obligation ^^).

    Bon, je procrastine sur d’autres choses – genre passer des coups de fil, faire le ménage…. ça doit compenser ^^ Mais il est vrai qu’on retire aussi une certaine satisfaction à faire des trucs qu’on procrastinait avant.

    Bref, courage, et un pas après l’autre :p

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou 🙂
      C’est marrant que beaucoup de monde ait suivi le même aléas en sortant des études je trouve. C’est assez perturbant de se retrouver enfin « libre » …
      Tu vois j’ai essayé aussi le WriYe, et je n’ai pas pu non plus m’y tenir, je ne sais pas pourquoi c’était trop de pression. Et je me dispersais trop sur le discord mdr.
      Du coup tu fonctionnes avec un tableau pour ton année ?
      C’est vrai que pendant le NaNo, j’arrive à avancer pour remplir le quota de mots.
      Mais après j’ai la méga gueule de bois d’écriture :p
      Idem j’aime bien ton idée de « jour de publication » . J’ai essayé pour les blogs et ça ne marche pas non plus … 😀 en fait je crois que mon problème est un cumul de procrastination et aussi du « refus de cadre imposé  » qui m’empêche d’avancer … alors quand tout va bien je suis dans le mood de Tim Urban, et quand tout va mal je freine des 4 fers lol .
      Comme tu dis, on tire une satisfaction d’avoir réalisé des tâches quelles qu’elles soient. C’est ce qui me motive 😀

      Merci ! A toi aussi : comme tu dis : un pas après l’autre 🙂

      J'aime

  2. J’ai déjà du voir ce TED parce que les dessins me disent quelque chose. Bref.
    Je procrastine beaucoup de choses (pas l’écriture pour ma part) mais tout ce qui est tri, rangement dans ma maison, tâches ménagères du quotidien. J’essaye de les faire de plus en plus souvent mais, comme dit dans l’article, il y a toujours plus intéressant à faire que passer l’aspirateur ou nettoyer sa douche. Je crois qu’avec le temps, j’ai appris à me dire que, de toute façon, personne le fera pour moi et que je dois bien finir par m’en occuper alors pourquoi attendre ?
    En tout cas, je continue aussi de glander, parce que c’est cool aussi !

    Aimé par 1 personne

    1. C’est rigolo parce ces dessins sont effectivement très marquants 😀
      Merci pour ton partage : c’est marrant pour moi c’est l’inverse : j’utilise les taches ménagères comme une excuse justement de choses à faire, pour ne pas écrire par exemple.

      C’est bien de se dire que « personne ne va le faire à notre place » j’aime bien 😀 ça ressemble aussi à l’impératif du temps qui passe.

      Heureusement qu’on peut glander ^^ enfin … c’est un luxe

      Aimé par 1 personne

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